Outil d'analyse systémique
La phrase tient debout parce qu'elle décrit une chaîne courte et vraie : des gens consomment, un marché existe, ce marché est violent. Trois maillons, une conclusion — les usagers paient les balles. C'est le raccourci le plus répandu du débat français, et on peut le démonter en le dessinant plutôt qu'en le discutant.
Des millions de personnes prennent chaque année en France un psychotrope délivré légalement : benzodiazépines, antidépresseurs, morphine, méthadone, amphétamines. Certaines en sont dépendantes. Aucune ne finance un cartel. La molécule n'est pas plus douce, la demande pas moins constante, la dépendance pas moins réelle. Ce qui change, c'est qui a le droit de fournir.
Entre « des gens consomment » et « il y a des morts par balle », il manque un nœud, et ce nœud est une décision politique. Un marché interdit n'a ni contrat, ni tribunal, ni norme de production, ni inspection du travail, ni responsabilité du fait des produits. Les litiges s'y règlent par la force parce qu'aucun autre moyen n'existe. C'est la seule règle qu'un marché clandestin puisse appliquer.
PRISMES met cette structure à plat : 70 mécanismes, 207 relations, sept prismes de lecture et trois cadres d'accès à comparer — prohibé, médical, régulé. Le graphe ne contient aucune flèche directe entre la consommation et la violence. Pas par choix éditorial : parce qu'aucun mécanisme connu ne fait passer de l'une à l'autre sans intermédiaire.
Alors, à quoi sert de comparer ?
La demande de substances psychoactives n'a disparu nulle part, sous aucun régime, à aucune époque. Le cadre juridique, lui, change tous les dix ans dans à peu près tous les pays. Comparer les deux revient à distinguer ce qu'on subit de ce qu'on décide — et donc à situer les responsabilités là où elles se prennent.
L'outil ne conclut pas que la légalité serait sans danger. Les chiffres du comparateur montrent l'inverse : les dommages sanitaires et la dépendance ne s'effondrent dans aucun cadre. Le statut juridique décide de la violence, du casier judiciaire et du dosage inconnu. Il ne décide pas de la toxicité.
references.json est en cours ; aucune source citée ici n'a encore été vérifiée dans la bibliographie DRUGZ.Les trois cadres sont superposés. Sélectionnez-en un pour voir ce qui reste et ce qui s'éteint.
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| Origine | Effet | Cible | Mécanisme | Preuve | Poids |
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Une flèche traduit une hypothèse causale orientée : « une variation de A modifie B ». Elle porte quatre attributs indépendants — un sens (renforce ou atténue), un caractère conditionnel éventuel, un poids structurel de 1 à 4, un niveau de preuve. Séparer le sens du niveau de preuve corrige le défaut principal de la version précédente, qui codait les deux sur le même canal visuel et rendait une relation protectrice bien établie indiscernable d'une relation incertaine.
Ce découpage reprend la logique du document DRUGZ — Évaluation du niveau de preuve scientifique : le type d'étude donne une couleur de départ, l'évaluation réelle l'ajuste. Un essai randomisé mal conduit ne vaut pas mieux qu'une cohorte solide, et une donnée qualitative répond à une autre question plutôt qu'à la même en moins bien.
Le cadre d'accès n'est pas déclaré relation par relation. Chaque mécanisme porte la liste des cadres où il existe, et une relation existe dans l'intersection des cadres de ses deux extrémités. Une relation dont l'intersection est vide devient une flèche de transition : elle décrit le passage d'un cadre à l'autre — la prescription qu'on interrompt et qui renvoie vers le marché de rue, par exemple. Ce choix évite deux cents déclarations à la main et rend le modèle cohérent par construction : impossible d'oublier de désactiver une flèche quand on désactive le nœud qu'elle relie.
L'écrasante majorité des mécanismes existe dans les trois cadres. La pharmacologie, les déterminants sociaux, la dépendance et les dommages ne dépendent pas du statut juridique. Ce qui s'éteint quand on quitte la prohibition, ce sont le marché clandestin et sa mécanique — adultération, concentration croissante, profits, organisations, corruption, violences —, la criminalisation de l'usage et tout ce qu'elle entraîne.
Trois limites doivent être posées. Les cadres réels sont mixtes : le même pays applique les trois à des molécules différentes, et les phénomènes intéressants se produisent souvent aux coutures. Le cadre régulé du modèle conserve un marché parallèle, alimenté par l'écart de prix, parce que c'est ce qu'on observe sur le tabac et sur le cannabis légal. Et le nombre de trajets causaux affiché par le comparateur n'est pas une ampleur d'effet : il compte de combien de façons le modèle permet d'aller d'un point à l'autre, ce qui indique une richesse de mécanismes, pas une quantité de morts.
L'outil énumère les cycles orientés de longueur 2 à 5 et calcule leur polarité en multipliant les signes des relations qui les composent. Nombre pair de relations atténuantes : la boucle est renforçante, elle amplifie sa propre cause. Nombre impair : la boucle est équilibrante, elle se régule. C'est là que se joue l'essentiel du désaccord politique sur les drogues — deux camps peuvent accepter les mêmes flèches et diverger entièrement sur les boucles qu'ils jugent dominantes.
Le degré pondéré somme les poids entrants et sortants. L'intermédiarité utilise l'algorithme de Brandes sur le graphe orienté non pondéré : elle mesure combien de plus courts chemins passent par un nœud, et fait remonter les points de passage obligés plutôt que les nœuds simplement très connectés. La version précédente affichait « centralité pondérée » alors qu'elle calculait un degré — l'étiquette a été corrigée et le calcul explicité.
Les relations les mieux documentées portent une référence courte, consultable dans leur fiche. Aucune n'est
encore ingérée dans references.json ni vérifiée par DOI : elles apparaissent donc marquées
« à vérifier », conformément au traitement appliqué aux entrées non curées de la bibliothèque. Les relations
sans source ne sont pas des affirmations faibles déguisées — elles sont explicitement marquées « modèle ».