Diméthyltryptamine
Psychédélique - DMT
Les effets
Les dosages
Dosages indicatifs
Dosages (par voie)
| Effets | Inhalation | Intraveineux |
|---|---|---|
| Légers | 2 - 20 mg | 4 - 10 mg |
| Moyens | 20 - 40 mg | 10 - 15 mg |
| Forts | 40 - 60 mg | 15 - 20 mg |
| Très forts | 60 + mg | 20 + mg |
Valeurs indicatives — dépendant de la pureté, tolérance et méthode d'administration.
Durée / Phases
| Phases | Inhalation | Intraveineux |
|---|---|---|
| Début | 1 - 3 min | 1 - 2 min |
| Effets principaux | 2 - 8 min | 2 - 5 min |
| Descente | 1 - 6 min | 10 - 20 min |
| Effets résiduels | 10 - 60 min | ??? |
Durées approximatives — sujettes à variation suivant la dose, voie et métabolisme individuel.
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Le DMT est une substance dont la pureté peut varier. Il est important de connaître la puissance de votre produit pour adapter votre consommation.
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La pharmacologie
Profil pharmacologique
CID 6089 · DB01488
Mode d'action Agoniste des récepteurs sérotoninergiques 5-HT₂A, 5-HT₁A et 5-HT₂C ; agoniste sigma-1.
Mécanisme d'action
Comme la plupart des psychédéliques classiques, la DMT agit principalement comme agoniste (partiel) des récepteurs de la sérotonine (5-HT). Contrairement à la MDMA qui libère massivement les neurotransmetteurs, la DMT se fixe directement sur les récepteurs et imite l'action de la sérotonine. D'après la revue de Carbonaro & Gatch Carbonaro, T. M., & Gatch, M. B. (2016). Neuropharmacology of N,N-dimethyltryptamine. Brain Research Bulletin, 126, 74–88. DOI: 10.1016/j.brainresbull.2016.04.016, la DMT se lie à de nombreux sous-types de récepteurs sérotoninergiques (5-HT1A, 5-HT1B, 5-HT1D, 5-HT2A, 5-HT2B, 5-HT2C, 5-HT5A, 5-HT6 et 5-HT7) avec des affinités variables — le récepteur 5-HT2A étant considéré comme la cible centrale de l'effet psychédélique.
Les récepteurs sérotoninergiques clés
La cible principale de tous les psychédéliques sérotoninergiques classiques (LSD, psilocine, mescaline). Son activation est responsable des hallucinations, de la géométrie visuelle et des bouleversements de la conscience qui font la signature de la DMT.
Visions · Géométrie · ConscienceRécepteur impliqué dans la régulation de l'humeur et de l'anxiété. Il module et « colore » l'expérience produite par le 5-HT₂A, et contribuerait à la tonalité émotionnelle parfois apaisante ou contemplative du trip.
Humeur · Anxiété · TonalitéSouvent co-activé avec le 5-HT₂A, il participe à la modulation de l'humeur, de l'appétit et de certains effets perceptuels. Son rôle exact dans l'expérience psychédélique reste discuté.
Modulation · PerceptionAu-delà du système sérotoninergique
La DMT ne se réduit pas à ces trois récepteurs : son profil pharmacologique est large et, surtout, son devenir dans l'organisme dépend entièrement du mode d'administration.
Au-delà des récepteurs clés, la DMT se lie aussi aux 5-HT1B, 5-HT1D, 5-HT2B, 5-HT5A, 5-HT6 et 5-HT7 avec des affinités variables. Cette promiscuité contribue à la richesse et à la variabilité de l'expérience.
Par voie orale seule, la DMT est inactive : elle est dégradée trop vite par la monoamine oxydase (MAO) avant d'atteindre le cerveau. C'est pourquoi elle est fumée, vaporisée ou injectée — voies qui contournent ce métabolisme de premier passage.
Associée à un inhibiteur de la MAO d'origine végétale (IMAO / RIMA), la DMT devient active par voie orale : c'est le principe de l'ayahuasca, dont les effets sont alors bien plus longs et progressifs. ⚠️ Cette inhibition de la MAO crée aussi un terrain à risque de syndrome sérotoninergique avec d'autres substances.
La DMT est également un agoniste du récepteur sigma-1, présent dans tout le cerveau. Son rôle précis dans les effets subjectifs reste mal compris et fait l'objet de recherches.
« La plupart des études se concentrent sur la DMT (et la plupart des psychédéliques classiques) en tant qu'agoniste partiel des récepteurs de la sérotonine, principalement les sous-types 1A, 2A et 2C, avec un intérêt prédominant pour le récepteur 5-HT₂A. […] Le récepteur 5-HT₂A est considéré comme la cible principale des composés psychédéliques sérotoninergiques classiques, tels que le LSD, le DOI, la psilocine et la mescaline. »
L'addictivité
Évaluez vos consos avec le DUDIT !
Le
Drug Use Disorder Identification Test
Le questionnaire que vous pouvez
utiliser sur cette page est réadapté du questionnaire DUDIT, utilisé par de nombreux
professionnels de santé en addictologie.
Hildebrand, M. (2015).
The psychometric properties of the drug use
disorders identification test (DUDIT): a review of recent research. Journal of
substance abuse treatment, 53, 52-59.
DOI:10.1016/j.jsat.2015.01.008,
ou DUDIT, est un test que vous pouvez faire si vous avez un doute sur votre consommation. Seul.e
vous pourrez voir le résultat.
Le questionnaire s'affiche une question à la fois. Répondez à la question actuelle pour passer à la suivante.
Les risques sur la santé
Des risques physiques limités
Comme les autres psychédéliques classiques, la DMT présente une toxicité physique faible aux doses usuelles : elle n'a pas été démontrée comme physiologiquement toxique ni comme créant une dépendance. Elle augmente transitoirement la fréquence cardiaque et la tension artérielle, ce qui invite à la prudence en cas de pathologie cardiovasculaire.
Le risque est surtout psychologique
L'essentiel du risque est psychique. Des effets indésirables — anxiété sévère, délires, états de panique, voire épisodes psychotiques — restent possibles, y compris chez des usager·ères expérimenté·es, et particulièrement chez les personnes prédisposées aux troubles mentaux. L'intensité fulgurante de la montée peut aussi être déstabilisante. Le set & setting — état d'esprit et environnement — joue ici un rôle déterminant pour réduire les risques.
Lorsque les hallucinations sont totalement immersives, la personne n'a plus conscience de son environnement réel : la présence d'un·e tiers de confiance sobre et un cadre sécurisé (assis ou allongé, loin de tout danger) sont essentiels.
« Nos données démontrent que la DMT possède des caractéristiques favorables en termes de puissance d'effet, de plaisir et d'absence d'effets négatifs. […] Comme pour d'autres psychédéliques, une descente relativement douce a été signalée, ce qui annule la motivation à consommer pour soulager le sevrage. »
Les mélanges
Quels mélanges éviter ?
Aucun mélange n'est connu pour être spécifiquement mortel avec la DMT fumée ou vaporisée. Mais les effets de la DMT seule sont déjà extrêmement intenses : tout ce qui augmente cette intensité (autres psychédéliques, cannabis) peut rendre l'expérience difficilement gérable. La prudence reste donc de mise.
⚠️ Le point de vigilance majeur concerne les IMAO. Dès qu'un inhibiteur de la MAO est en jeu (ayahuasca, certains antidépresseurs, harmala), le risque de syndrome sérotoninergique devient réel, notamment en association avec d'autres substances sérotoninergiques (ISRS, MDMA, tramadol…). Ce syndrome est une urgence médicale.
Pour une vue détaillée des interactions, consulte la fiche dédiée sur Mixtures.info ↗.
Histoire et culture
De l'Amazonie aux laboratoires
La DMT est présente dans de nombreuses plantes, et l'humanité en consomme depuis très longtemps. En Amérique du Sud, les infusions d'ayahuasca — qui combinent une plante contenant de la DMT à une plante riche en inhibiteurs de la MAO — sont utilisées dans des contextes rituels et thérapeutiques depuis des siècles.
La molécule elle-même est isolée en 1931, puis ses effets psychédéliques sont décrits chez l'humain par le chimiste hongrois Stephen Szára à la fin des années 1950. Depuis, la DMT occupe une place singulière dans la culture psychédélique, notamment pour les récits récurrents de rencontres avec des « entités » et d'expériences décrites comme mystiques ou ineffables — un champ aujourd'hui étudié de façon plus rigoureuse.
⚠️ Cette section mêle des éléments historiques bien établis et des repères généraux ; les dates et l'ampleur des usages traditionnels mériteraient un sourçage dédié lors de la relecture éditoriale.
Bibliographie
Sources et références
-
Carbonaro, T. M., & Gatch, M. B. (2016). Neuropharmacology of
N,N-dimethyltryptamine. Brain Research Bulletin, 126, 74–88.
DOI:10.1016/j.brainresbull.2016.04.016 -
Vogt, S. B., Ley, L., Erne, L., et al. (2023). Acute effects of
intravenous DMT in a randomized placebo-controlled study in healthy participants.
Translational Psychiatry, 13(1), 172.
DOI:10.1038/s41398-023-02477-4 -
Lawrence, D. W., Carhart-Harris, R., Griffiths, R., & Timmermann, C. (2022).
Phenomenology and content of the inhaled N,N-dimethyltryptamine (N,N-DMT) experience.
Scientific Reports, 12(1), 8562.
DOI:10.1038/s41598-022-11999-8 -
Timmermann, C., Roseman, L., Schartner, M., et al. (2019). Neural correlates
of the DMT experience assessed with multivariate EEG. Scientific Reports, 9, 16324.
DOI:10.1038/s41598-019-51974-4 -
Winstock, A. R., Kaar, S., & Borschmann, R. (2014). Dimethyltryptamine
(DMT): prevalence, user characteristics and abuse liability in a large global sample.
Journal of Psychopharmacology, 28(1), 49–54.
DOI:10.1177/0269881113513852 -
Zafar, R., Siegel, M., Harding, R., et al. (2023). Psychedelic therapy
in the treatment of addiction: the past, present and future. Frontiers in Psychiatry, 14, 1183740.
DOI:10.3389/fpsyt.2023.1183740