Efficacité sanitaire des salles de consommation.

Cet article « vite fait » vous permet de voir rapidement les preuves de l’efficacité sanitaire des salles de consommation. Les icônes ci-dessous sont dynamiques, vous pouvez cliquer dessus pour vous rendre directement à la partie qui vous intéresse !

Les preuves apportées par les rapports français, cocorico !

Les preuves accumulées dans le monde entier !

Et parce qu'on est pas des sauvages, y'a des sources !

On va commencer avec les données françaises parce que beaucoup mettent une très grande importance dans le fait de produire nos propres données, croyant souvent à une « exception à la française ». Et vous allez voir que non, les français ne sont pas très différents des autres en matière de drogues et d’efficacité des dispositifs médico-sociaux.

Nous disposons à l’heure où j’écris de trois rapports sur les salles de Paris et de Strasbourg. Je vous partage leurs résultats sur l’aspect sanitaire de ces dispositifs :

  • INSERM (2021) :
    • Moins de partage du matériel d’injection.
    • Moins d’abscès.
    • Diminution des surdoses.
    • Moins de passages aux urgences.
  • IGA/IGAS (2024) :
    • Le rapport rappelle les bienfaits sanitaires des salles de Vancouver ou de Sydney.
    • Le rapport reconfirme les données de l’INSERM en 2021, tout en précisant que l’accès à la médecine générale et aux traitements de substitution reste compliqué.
    • Le rapport indique que le conseil national de l’ordre des médecins affirme la nécessité de maintenir les deux salles et d’envisager de nouvelles implantations.
  • HCL (2025) :
    • Le passage dans une salle de consommation permet de mieux doser son produit et de sensibiliser aux risques.
    • Les équipes soignantes accompagnent au travers de parcours de santé.
    • Les salles remplissent leurs objectifs de réduction des risques et d’accompagnement médicalisé.
    • Les salles facilitent l’accès aux soins.
    • La pluridisciplinarité des équipes favorisent un meilleur accompagnement des conduites addictives.
    • Les salles offrent la possibilité de commencer un traitement de substitution.
    • Il y a une prise en compte de la santé mentale.
    • Les salles permettent de travailler sur la santé globale de la personne.

En bref, l’expérimentation française montre des résultats très positifs sur l’aspect sanitaire de la prise en charge. Il reste du chemin à faire dans l’accès aux soins des personnes à cause du stigma vécu et de la précarité sociale importante, mais les salles de consommation permettent une première étape dans un parcours de soin plus global s’inscrivant dans la durée.

Bien entendu, d’autres pays n’ont pas attendu que les français se décident pour avancer et pour innover. De nombreuses salles de consommation existent ailleurs en Europe, en Amérique, en Océanie…

Les preuves concernant l’efficacité des salles de consommation de drogues se sont considérablement multipliées ces dernières années. Il existe désormais trois revues systématiques Les revues systématiques de la littérature constituent le plus haut niveau de preuve dont on dispose en science. Les avis d’experts ne valent strictement rien en comparaison. évaluées par des pairs qui se penchent spécifiquement sur les salles de consommation de drogues. Ces revues parviennent toutes à la conclusion que les salles de consommation de drogues sont efficaces pour atteindre leurs objectifs et n’ont pas les conséquences redoutées, telles que l’augmentation de la consommation de drogues, la remise en cause des efforts de traitement ou l’aggravation de la criminalité.

La revue systématique de littérature de 2014 Potier, C., Laprévote, V., Dubois-Arber, F., Cottencin, O., & Rolland, B. (2014). Supervised injection services: what has been demonstrated? A systematic literature review. Drug and alcohol dependence, 145, 48-68. montrait déjà il y a dix ans que :

  • les salles de consommation ne poussent pas à la consommation ni même à augmenter les doses
  • les complications liées à l’injection sont moins nombreuses
  • moins de surdoses
  • conditions d’injection plus sûres et matériel d’injection sûr
  • prise en charge efficace des overdoses
  • éducation aux techniques d’injection
  • prévention des infections transmissibles par le sang
  • amélioration des liens avec les services d’addiction et les services sociaux
  • elles induisent des changements positifs dans les comportements à risque des personnes qui s’injectent des drogues
La revue systématique de 2017 Kennedy, M. C., Karamouzian, M., & Kerr, T. (2017). Public health and public order outcomes associated with supervised drug consumption facilities: a systematic review. Current Hiv/aids Reports, 14(5), 161-183.  confirme les bienfaits précédents et ajoute que :
  • les centres d’injection supervisés ont permis d’améliorer la sécurité des conditions d’injection et ont favorisé une meilleure éducation sanitaire des personnes inejctrices en matière de techniques d’injection et de règles d’asepsie
  • les salles aident à lutter contre la propagation des épidémies de VIH et VHC

La  revue systématique de 2021 Levengood, T. W., Yoon, G. H., Davoust, M. J., Ogden, S. N., Marshall, B. D., Cahill, S. R., & Bazzi, A. R. (2021). Supervised injection facilities as harm reduction: a systematic review. American journal of preventive medicine, 61(5), 738-749.  confirme à son tour les données précédentes et ajoute que :

  • ces salles favorisent l’entrée dans un traitement de substitution
  • elles réduisent la mortalité liée aux surdoses

Il est important de noter que ces recherches montrent que personne n’est jamais mort d’une overdose dans une salle de consommation de drogues, et que des recherches indiquent Rammohan, I., Gaines, T., Scheim, A., Bayoumi, A., & Werb, D. (2024). Overdose mortality incidence and supervised consumption services in Toronto, Canada: an ecological study and spatial analysis. The Lancet Public Health, 9(2), e79-e87. que la création de salles de consommation de drogues est associée à une baisse des décès par overdose dans les quartiers, ainsi que de la mortalité toutes causes confondues.

Les données disponibles indiquent également Kennedy, M. C., Hayashi, K., Milloy, M. J., Wood, E., & Kerr, T. (2019). Supervised injection facility use and all-cause mortality among people who inject drugs in Vancouver, Canada: A cohort study. PLoS medicine, 16(11), e1002964. ; Wood, E., Tyndall, M. W., Zhang, R., Montaner, J. S., & Kerr, T. (2007). Rate of detoxification service use and its impact among a cohort of supervised injecting facility users. Addiction, 102(6), 916-919. que lorsque les personnes ont accès à une salle de consommation de drogues, elles sont plus susceptibles d’intégrer une cure, d’adopter un traitement de substitution et de cesser de s’injecter des drogues.

Les preuves concernant l’efficacité des salles de consommation de drogues continuent de s’accumuler. Bien que des recherches relevant du plus haut niveau de preuve indiquent que ces dispositifs n’exacerbent pas les troubles de l’usage de substances ou d’autres problèmes sanitaires, ils continuent d’être présentés de manière erronée par de nombreux politiciens, des journalistes en carton et autres experts autoproclamés ignorant de la littérature scientifique sur le sujet. Cela a fortement limité leur mise en œuvre dans un peu partout dans le monde, notamment en France à Marseille, Lyon ou encore Bordeaux.

Mais la voie à suivre est claire : les salles de consommation de drogues atteignent leurs objectifs sans entraîner de conséquences médicales négatives et elles ont un fort potentiel pour contribuer à prévenir de nombreux problèmes de santé.

Sources scientifiques.

Rapports français sur les salles de consommation.

INSERM. (2021). Salles de consommation à moindre risque en France : rapport scientifique.

IGA/IGAS. (2024). Les haltes soins addictions : Un dispositif expérimenté depuis 2016 pour réduire les risques de nuisances associés à la consommation de stupéfiants dans l’espace public.

Hospices Civils de Lyon. (2025). Evaluation des « Haltes Soins Addictions » (HSA) – Rapport commandé par la MILDECA.

Recherche à l’internationale – Revues systématiques de la littérature.

Potier, C., Laprévote, V., Dubois-Arber, F., Cottencin, O., & Rolland, B. (2014). Supervised injection services: what has been demonstrated? A systematic literature review. Drug and alcohol dependence, 145, 48-68.

Kennedy, M. C., Karamouzian, M., & Kerr, T. (2017). Public health and public order outcomes associated with supervised drug consumption facilities: a systematic review. Current Hiv/aids Reports, 14(5), 161-183.

Levengood, T. W., Yoon, G. H., Davoust, M. J., Ogden, S. N., Marshall, B. D., Cahill, S. R., & Bazzi, A. R. (2021). Supervised injection facilities as harm reduction: a systematic review. American journal of preventive medicine, 61(5), 738-749.

Recherches à l’internationale – Papiers scientifiques.

Rammohan, I., Gaines, T., Scheim, A., Bayoumi, A., & Werb, D. (2024). Overdose mortality incidence and supervised consumption services in Toronto, Canada: an ecological study and spatial analysis. The Lancet Public Health, 9(2), e79-e87.

Kennedy, M. C., Hayashi, K., Milloy, M. J., Wood, E., & Kerr, T. (2019). Supervised injection facility use and all-cause mortality among people who inject drugs in Vancouver, Canada: A cohort study. PLoS medicine, 16(11), e1002964.

Wood, E., Tyndall, M. W., Zhang, R., Montaner, J. S., & Kerr, T. (2007). Rate of detoxification service use and its impact among a cohort of supervised injecting facility users. Addiction, 102(6), 916-919.

Vous pouvez approfondir en allant voir l’article complet sur le plaidoyer en faveur des HSA grâce au bouton ci-dessous !

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