Efficacité sociale des salles de consommation.

Cet article « vite fait » vous permet de voir rapidement les preuves de l’efficacité sociale des salles de consommation. Les icônes ci-dessous sont dynamiques, vous pouvez cliquer dessus pour vous rendre directement à la partie qui vous intéresse !

Les preuves apportées par les rapports français, cocorico !

Les preuves accumulées dans le monde entier !

Et parce qu'on est pas des sauvages, y'a des sources !

On va commencer avec les données françaises parce que beaucoup mettent une très grande importance dans le fait de produire nos propres données, croyant souvent à une « exception à la française ». Et vous allez voir que non, les français ne sont pas très différents des autres en matière de drogues et d’efficacité des dispositifs médico-sociaux.

Nous disposons à l’heure où j’écris de trois rapports sur les salles de Paris et de Strasbourg. Je vous partage leurs résultats sur l’aspect social de ces dispositifs :

  • INSERM (2021) :
    • Le rapport montre la possibilité de créer du lien avec un public marginalisé, ce qui aide à l’accompagner vers le soin.
    • De nombreux riverains se positionnant « en faveur de la SCMR » déclarent être très attachés au lien social dans le quartier et à l’importance de « vivre ensemble » en acceptant la diversité des publics qui le composent.
  • IGA/IGAS (2024) :
    • Les salles accompagnent un public en forte désaffiliation sociale, majoritairement sans domicile fixe.
    • Ce dispositif constitue un point d’entrée pour renouer un lien social, et l’accompagner dans son accès aux droits et vers un parcours de soins.
    • Ce dispositif aide à la réinsertion dans un logement décent.
    • Les personnes sont accompagnées dans l’ouverture de leurs droits.
  • HCL (2025) :
    • Les salles de consommation permettent un accueil sans stigma, qui permet aux personnes de retourner vers le soin.
    • Le contact avec les travailleurs sociaux permet de travailler en profondeur sur l’aspect social des addictions.

Les données de l’efficacité sociale de ces dispositifs sont moins tangibles que les données sanitaires, économiques et sécuritaires, parce que les rapports se sont moins concentré sur cet aspect. C’est plus parlant avec les recherches venant des autres pays !

Bien entendu, d’autres pays n’ont pas attendu que les français se décident pour avancer et pour innover. De nombreuses salles de consommation existent ailleurs en Europe, en Amérique, en Océanie…

Les preuves concernant l’efficacité des salles de consommation de drogues se sont considérablement multipliées ces dernières années. Il existe plusieurs revues systématiques Les revues systématiques de la littérature constituent le plus haut niveau de preuve dont on dispose en science. Les avis d’experts ne valent strictement rien en comparaison. se penchent spécifiquement sur les salles de consommation de drogues. Ces revues parviennent toutes à la conclusion que les salles de consommation de drogues sont efficaces pour atteindre leurs objectifs et n’ont pas les conséquences redoutées, telles que l’augmentation de la consommation de drogues, la remise en cause des efforts de traitement ou l’aggravation de la criminalité.

Une  revue systématique de littérature de 2014 Potier, C., Laprévote, V., Dubois-Arber, F., Cottencin, O., & Rolland, B. (2014). Supervised injection services: what has been demonstrated? A systematic literature review. Drug and alcohol dependence, 145, 48-68. montrait déjà il y a dix ans que :

  • les salles de consommation permettent aux personnes de renouer avec les services sociaux
  • elles permettent aussi aux personnes d’avoir accès à un accompagnement addictologique

Une  revue systématique de 2017 Kennedy, M. C., Karamouzian, M., & Kerr, T. (2017). Public health and public order outcomes associated with supervised drug consumption facilities: a systematic review. Current Hiv/aids Reports, 14(5), 161-183.  confirme les bienfaits précédents et ajoute que :

  • ces dispositifs réussissent à capter un public fortement marginalisé et précarisé
  • les salles permettent de réduire les barrières sociales qui empêchent les personnes d’accéder aux services de santé hospitaliers
  • elles permettent de réduire la stigmatisation et aident les personnes à se sentir mieux, notamment grâce à l’accueil collectif et individuel
Une  revue systématique de 2020 Magwood, O., Salvalaggio, G., Beder, M., Kendall, C., Kpade, V., Daghmach, W., … & Pottie, K. (2020). The effectiveness of substance use interventions for homeless and vulnerably housed persons: a systematic review of systematic reviews on supervised consumption facilities, managed alcohol programs, and pharmacological agents for opioid use disorder. PloS one, 15(1), e0227298.  montre que :
  • l’approche sociale sans jugement et déstigmatisante permet une réduction des dommages associés à la consommation
  • l’approche de réduction des risques permet aux soignants de créer du lien social et de gagner en légitimité auprès des personnes accompagnées

Sur le plan social, les salles de consommation permettent de créer du lien avec des personnes exclues socialement, et elles proposent un cadre à la consommation qui permet un état d’esprit plus serein, libre de toute agression ou de contrôle policier, ce qui évite la précipitation, les erreurs de dosage, les blessures… ce dispositif permet de travailler sur les déterminants sociaux de la santé Kerman, N., Manoni-Millar, S., Cormier, L., Cahill, T., & Sylvestre, J. (2020). “It’s not just injecting drugs”: Supervised consumption sites and the social determinants of health. Drug and Alcohol Dependence, 213, 108078. , et aide les personnes à renouer avec le système hospitalier et médical lorsque c’est nécessaire.

Les déterminants sociaux de la santé sont, selon les modèles :

  • le développement de la petite enfance
  • l’éducation
  • l’emploi et les conditions de travail
  • la sécurité alimentaire
  • l’accès aux services de santé et leur qualité
  • le logement
  • le revenu et la répartition des revenus
  • l’exclusion sociale
  • le soutien social
  • le stress

Si on résume rapidement, chacun de ces déterminants lorsqu’il est affecté négativement, rajoute une difficulté pour les personnes dans leur évolution sociale, et cela impacte directement la santé mentale et physique. Et nous pouvons dès lors constater que les personnes sans abris, en situation d’addiction, vivant des violences quotidiennes, cochent de nombreuses cases dans les déterminants affectés.

D’autres recherches à l’étranger montre que les salles de consommation permettent  de réinsérer les personnes socialement Folch, C., Lorente, N., Majó, X., Parés-Badell, O., Roca, X., Brugal, T., … & REDAN study group. (2018). Drug consumption rooms in Catalonia: a comprehensive evaluation of social, health and harm reduction benefits. International Journal of Drug Policy, 62, 24-29. notamment en recréant le lien avec les services sociaux qui accompagnent vers le logement et l’emploi Magwood, O., Salvalaggio, G., Beder, M., Kendall, C., Kpade, V., Daghmach, W., … & Pottie, K. (2020). The effectiveness of substance use interventions for homeless and vulnerably housed persons: a systematic review of systematic reviews on supervised consumption facilities, managed alcohol programs, and pharmacological agents for opioid use disorder. PloS one, 15(1), e0227298. . La quasi-totalité des personnes accueillies dans ces dispositifs vivant à la rue dans des conditions très précaires, il est vain de chercher à réduire les conduites addictives avant de permettre aux personnes d’avoir un logement décent, à l’abri de la violence de la rue et de la chaleur ou du froid.

Il est primordial de comprendre que lorsque les déterminants sociaux de notre santé nous sont défavorables, un cercle vicieux s’installer rapidement et nous freine dans notre vie sociale, économique, professionnelle, familiale, etc.

Sources scientifiques.

Rapports français sur les salles de consommation.

INSERM. (2021). Salles de consommation à moindre risque en France : rapport scientifique.

IGA/IGAS. (2024). Les haltes soins addictions : Un dispositif expérimenté depuis 2016 pour réduire les risques de nuisances associés à la consommation de stupéfiants dans l’espace public.

Hospices Civils de Lyon. (2025). Evaluation des « Haltes Soins Addictions » (HSA) – Rapport commandé par la MILDECA.

Recherche à l’internationale – Revues systématiques de la littérature.

Potier, C., Laprévote, V., Dubois-Arber, F., Cottencin, O., & Rolland, B. (2014). Supervised injection services: what has been demonstrated? A systematic literature review. Drug and alcohol dependence, 145, 48-68.

Kennedy, M. C., Karamouzian, M., & Kerr, T. (2017). Public health and public order outcomes associated with supervised drug consumption facilities: a systematic review. Current Hiv/aids Reports, 14(5), 161-183.

Magwood, O., Salvalaggio, G., Beder, M., Kendall, C., Kpade, V., Daghmach, W., … & Pottie, K. (2020). The effectiveness of substance use interventions for homeless and vulnerably housed persons: a systematic review of systematic reviews on supervised consumption facilities, managed alcohol programs, and pharmacological agents for opioid use disorder. PloS one, 15(1), e0227298.

Recherches à l’internationale – Papiers scientifiques.

Folch, C., Lorente, N., Majó, X., Parés-Badell, O., Roca, X., Brugal, T., … & REDAN study group. (2018). Drug consumption rooms in Catalonia: a comprehensive evaluation of social, health and harm reduction benefits. International Journal of Drug Policy, 62, 24-29.

Vous pouvez approfondir en allant voir l’article complet sur le plaidoyer en faveur des HSA grâce au bouton ci-dessous !

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